vendredi 12 août 2011

L'écume des jours













Le lait de chèvre bout lentement dans la marmite,
le vernis encore frais sur les ongles, les filles s'agitent,
la peinture tout juste déposée sur un banc ou une table,
toute la philipteam s'attelle à laisser de son passage une trace impérissable.

Le dernier message fut exhaustif, exposait les côtés moins plaisants de notre séjour ici,
celui-ci tentera de montrer que malgré les moustiques (jamais rassasiés), la pluie;
le soleil, les rires et les belles images qui s'entassent dans nos têtes, la vie toujours nous sourit.

Depuis Mardi, le beau temps a fait de nouveau son apparition à la ferme enchantée,
Le mercure montant autant que notre rythme de travail,  notre productivité et notre détermination se sont ainsi élevées.

Les coups de scie pour terminer la rénovation de l'école se font plus précis,
les doigts de Charlie, Ben & Antonin s'accélèrent avec la dextérité d'un pianiste pour achever le site, la bouclette et les étiquettes des désormais fameux fromages de chèvre Gourmet Keso.
Marie Alice & Julie vont bientôt pouvoir se frotter les mains, leur Nail Salon chéri devrait être fin prêt,
avant notre départ vers d'autres contrées.
Le souvenir shop (Valentin & Romain), bien qu'en complet chantier, verra bientôt le jour (on l'espère) afin que les touristes du Week end repartent avec dans leur sac, le fruit du travail des habitants de l'Enchanted Farm.

Plus concrètement et vous l'aurez compris, il se dégage des derniers jours une agitation liée à la volonté d'avancer au plus loin nos projets mêlée à une amertume de voir la fin de notre séjour interrompre ces derniers.

Les artistes des ongles ont suivi Valentin et Antonin à Manille Jeudi pour faire les dernières emplettes pour leur salon. La Cheese team s'est rendue sur le marché ce matin avec la ferme intention de vendre encore plus que la fois précédente.
Demain dimanche, il sera certainement l'occasion pour nous tous de passer une journée ensemble    (chose rare).
Il est en effet prévu de se rendre dans un village voisin pour y faire des animations et apporter à des enfants un peu d'affection.

Pour être tout à fait complet, nous avons l'intention de faire une fête pour tout le village lundi et d'y célébrer comme il se doit l'anniversaire de notre coeur brisé mais encore bien vaillant du séjour, Antonin.

Il sera ensuite venu le temps pour nous, de reprendre notre sac sur le dos, et de passer quelques jours à la découverte de Palawan au bord de l'eau ( " Ah mais en fait les Philippines sont des îles", on a eu tendance à l'oublier ).

C'est sur cette dernière réflexion que je retourne croquer la journée qui s'avance,
car comme la houle qui jamais ne semble vouloir s'arrêter,
il faut savoir se laisser emporter
et prendre ces dernières instants en bonne compagnie, comme des gouttes d'or de l'existence.

Valentin

lundi 8 août 2011

Le retour du valou

Les petits hurlent, les odeurs de poissons grillés te donnent des hauts-le-coeur, les piqûres de moustiques te grattent, tu entrouvres les yeux et te glisses sous ta moustiquaire. Un p'tit calin aux enfants, deux trois mots aux parents puis tu erres vers la cuisine du village sous un ciel blanc qui t'empêche de deviner l'heure qu'il peut être, 7h? 8h? Tout ce que tu sais, c'est que décidément le lundi au soleil, c'est quelque chose que l'on aura jamais. Un nouveau typhon est arrivé, il a plu toute la nuit, un poids invisible pèse sur tes épaules. Déjà les premières gouttes de sueur se forment sur ton front mais tu positives en te disant que l'odeur de terre trempée c'est toujours mieux que la sardine. Au menu du p'tit dèj, du riz, un oeuf, du poisson, des mouches, beaucoup de mouches. Tu souffles tandis qu'à côté de toi, des rires éclatent. Ces huit personnes ont l'air heureuses, ils sourient, s'embrassent et se racontent leurs vies. On dit que c'est la Philipteam et que leur Pipouchat adoré vient de sortir de l'hôpital. Tu tends l'oreille, même si tu ne comprends pas tout ( mais qui est Philippe ?), ça te fait du bien de les entendre...

Tu constates que celui qu'ils appellent Don Pedro et qui aurait officiellement obtenu la nationalité mexicaine la semaine dernière a retrouvé de la voix. Il a l'air bien plus en forme que lorsqu'il a quitté la ferme d'urgence jeudi dernier. Les autres aussi d'ailleurs; il semblerait qu'il n'y avait qu'un Burger KIng et un Dairy Queen à l'hôpital. Un dernier voyage à Manille sera effectué jeudi prochain pour récupérer les derniers résultats d'analyse et cette aventure sera de l'histoire ancienne. En tout cas les médecins sont confiants, des antibiotiques pendants dix jours et tout ira bien.

Le groupe marque une pose et le silence s'installe, enfin si ce n'était pour le bulldozer qui travaille sur la route à dix mètre de là.

Toujours est-il que ce moment laisse place à une remarque intelligente. "Good Karma, avec la petite référence à Gawad Kalinga ! Stylâ comme Idâ !" Tu comprends que trois des quatre filles ont finalisé le nom de la Social Entreprise qu'elles créent dans l'objectif de créer de l'emploi pour les ados du village. Avec ce salon de beauté, non seulement elles génèrent une entrée d'argent pour le village mais en plus elles permettent à ces jeunes filles de travailler dans un milieu qui leur plaît vraiment. Tu regardes autour de toi, tu vois des dizaines de workers, les deux-trois gusses censés être en charge de l'avancement des travaux qu'il ne faut surtout pas réveiller de leur sieste, les femmes du villages et leurs nombreux enfants aux sourires incomplets qui trahissent leur pauvreté. Tu as du mal à comprendre lequel d'entre eux ira se faire faire une manucure. Néanmoins tu te souviens du discours d'Antonio Meloto, de la vision du fondateur de GK qui se voit récompenser année après année pour la méthode qu'il a mise en place pour sortir son pays de la pauvreté. Celle-ci se décompose en trois étapes de 7 ans. La première est la phase de Social Justice consiste à faire face aux injustices en suivant le slogan "land for the landless, home for the homeless, food for the hungry". La seconde phase est celle de Social Artistry. En considérant les villages GK comme des toiles vierges, l'idée est de faire appel aux meilleurs de ce pays pour y peindre les pus belles couleurs. "The best for the least"; on se sert des plus talentueux pour former, voir transformer, les plus pauvres, leur donner les capacités de faire de grandes choses. L'ultime étape, qui doit s'achever en 2024, est le Social Progress. C'est-à-dire développer intelligemment les communautés en s'appuyant sur les bases qui ont été posées. Le projet de Tito Toni ayant été lancé en 2003, nous sommes actuellement dans la seconde phase. Pour donner aux villages une dynamique entrepreneuriale le Center for Social Innovation (CSI) encourage de jeunes étudiants sortis des meilleurs universités du pays à créer leur propre entreprise, en particulier au sein du village dans lequel tu te trouves.

Discours superbe mais tout cela te semble bien abstrait. Pourtant tu ne peux t'empêcher de constater que cet endroit n'est pas comme les autres. Ta balade avec Tito Toni l'autre matin a changé ta façon de voir cette ferme où tout bouge sans jamais se finir. "Ici, c'est un palace en bamboo avec sa chambre nuptiale digne des plus grands hotels de ce monde, là c'est l'atelier de fabrication et de location de vélo en bamboo et là-bas un Convention Center pouvant accueillir plusieurs milliers de personnes." Bien sûr ce champ de boue qui s'étend devant toi te semble plutôt propice à l'obtention gratuite d'une infection qui t'enverra trois jours à l'hôpital sans passer par la case départ mais il y a quelque chose dans cet homme aux cheveux blancs comme le ciel qui te fait croire ce qu'il raconte. "- I am the market. I'm holding them back but when the time is right, people will come. -And when is that? - October 1st."

Voici donc le marché du Nail Salon et c'est la raison pour laquelle les filles semblent tant croire à ce projet. C'est également pour cela qu'elles sont soutenues par nulle autre personne que la fille de Tito Toni, Camille (jolie prénom). Elles l'ont d'ailleurs rencontré hier pour lui faire part de leur business plan et lui montrer l'avancement des travaux. Tu comprends que les travaux entamés dans la "Treehouse" depuis quelques jours concernent ce projet. 2,30€ la manucure de qualité réalisée dans une cabane en bois dans un arbre par des jeunes filles dans le besoin avec du matériel de pro... il y a de quoi se laisser tenter. Surtout que 2,30€ c'est moins que ce que t'as coûté ton dernier menu Big Mac. Mais ton pragmatisme reprend le dessus. Toi qui surveilles autant l'orthographe désastreuse du blog de cette drôle d'équipe que la date de leur départ, tu te demandes comment ils pourraient achever ce projet à temps.

J-9, la philipteam a bien compris que la course contre la montre avait commencé. Tu lis sur l'une des feuilles sur la table : "things to do en une semaine, ça va être short (spé dédi franglais pour toi vibro)". Même si ce titre n'a aucun sens, tu vois que la priorité pour le Nail Salon est de trouver un intervenant qui pourra venir former les futures Nail Designers. L'investissement initial étant entièrement couvert, il ne reste plus qu'à faire un tour chez l'imprimeur pour la signalétique et faire un premier approvisionnement à Manille avec Camille Meloto pour que celle-ci puisse ensuite prendre la relève. Autant dire que les jeunes ESCPiennes sont sur la bonne voie.

Curieux comme tu es, tu te rapproches de leur table pour déchiffrer leur  "tout doux listE" (décidément ils sont nuls en orthographe), ça tombe bien, ils viennent de partir pour finir de peindre les bancs de la salle commune.

" GOURMET KESO:
    - site web et page facebook
    - imprimer étiquettes et banières
    - finir la page wine and cheese du booklet grâce aux précieux conseils du meilleur caviste/babysitteur/tanche au football de la région nantaise
    - Tester un nouveau marché de manille ce dimanche (plus gros mais plus cher)
    - Etablir les prix des plateaux fromage
    - Contacter Monsieur Papillon pour entrer en contact avec un des grands chefs français de Manille
    ..."

Il leur reste du pain sur la planche, mais tu sais que leur projet avance rapidement. Tu as bien entendu leurs voix enthousiastes hier dans la nuit quand les 4 garçons et Charlie rentraient du marché de Manille. " A turnover of over 7500 pesos! +300% compared to last week!" Suivaient ensuite les détails de leurs exploits : "Buy a cheese, get a french boy!" D'après Antonin cette technique serait infaillible. Xilca, la jeune femme de 30 ans qui a décidé de quitter son métier d'avocat il y a quelques semaines pour monter sa social entreprises aurait, du coup, décider d'embaucher un deuxième employé pour augmenter sa production.

Tiens d'ailleurs l'équipe revient, 11h20, c'est l'heure du déjeuner. Ils semblent se plaindre de l'absence d'ordinateur qui bloque l'avancement de leurs projets. Du coup ils optent pour une après-midi nettoyage dans la cuisine dans laquelle le fromage est préparé. Heureusement, Clarisse et Relax, les deux nouvelles recrues de la Philipteam rapportent ce soir leurs ordinateurs. Autour d'une platrée de riz accompagnée de têtes de poissons (yum), les vadrouilleurs e disent que demain les choses devraient bouger plus vite. Mais n'est-ce pas toujours le cas lorsque l'on s'approche de la fin de quelque chose? Le temps s'accélère.

vendredi 5 août 2011

August 5th 2011, quelques rebondissements

J'ai commence a ecrire un article hier en vous donnant tous les details sur l'avancee de nos projets et en vous expliquant ce qu'il nous restait a faire avant la fin de notre voyage qui approche a une vitesse folle.

Oui mais voila, nous avons eu un leger "contretemps" ou disons plutot une nouvelle aventure dont nous nous serions volontier passe. Je vous rassure tout va bien, rien de grave. Simplement nous avons pu decouvrir le service des urgences d'un des hopitaux de Manille puisque notre baboulinet adore (valentin pour les moins intimes) a eu une reaction etrange suite a des piqures de moustiques (celles-ci ont beaucoup gonfle et sont devenues douleureuses). Nous avons decide de ne pas prendre de risque en le transportant dans "les plus bref delais" au meilleur hoptial de la capital. Je me permet de mettre cette expression entre guillemet car disons que les philippins n'ont pas necessairement notre sens de l'urgence. Toujours est-il que l'accueil a ete excellente; en 20 minutes il avait deja ete analyse par un medecin et toutes ses plaies avait ete desinfectee et bandee. Apres avoir lutte pendant plusieurs heures pour que les incompetents de la massif envoie les papiers necessaires a l'hopital, valou a pu avoir sa chambre. Il a donc passe la nuit derniere a l'hopital surveille de pres par son garde du corps antonin, qui, en preux chevalier, a decide de vivre aussi la "philipinno hospital by night experience". Tous les tests menes jusqu'a present sont negatif : pas de dingue, pas de "leptospyrosis"... donc aucun souci a ce faire. Valou restera a l'hopital cette nuit pour finir son traitement antibiotique et devrait pouvoir rentre avec toute la team dimanche apres-midi.

Voila, la contraposee de l'adage pas de nouvelle bonne nouvelle a donc a nouveau ete verifiee. J'espere n'avoir inquiete personne a outre mesure. Vous pouvez avoir confiance en nous, on ne prendra aucun risque en ce qui concerne la sante de l'un des membres du groupe. Nous sommes des adultes responsables... aie deuxieme coup de vieux de la journee pour moi.

J'en profites pour remercier ici touuuuuus ceux qui ont pense a moi aujourd'hui ca fait tres chaud au coeur (surtout dans cet hosto congele par la clim reglee a - 12 degres). Decidemment je fete vraiment mes anniversaires dans des endroits toujours plus surprenants ! Vivement l'annee prochaine !

Je vous embrasse tous tres fort. Je peux vous dire qu'on a tous hate de vous revoir, mais avant on a deux trois trucs a terminer en beaute.

Ben

mercredi 3 août 2011

Entre les gouttes

 On trouvait que le blog manquait un peu de couleur alors, un petit article en photos s'imposait.
Voici la ferme ( plutôt les maisons des habitants) juste avant le début du typhon, qui nous laisse désormais tranquille.
afin de remercier nos familles pour leur hospitalité, nous cuisinons pour elles. Ce soir, ce sont Antonin, Julie Alice et Valentin qui avaient préparé une bolognaise... un plat somme toute typiquement francais.

Dimanche, les filles de la troupe ont suivi les adolescents de la ferme pour aller jouer avec les enfants d'un village voisin. Au programme : Education, déjeuner, et animations l'aprés midi.

Lundi matin, Julie, Marie et Alice ont enfilé l'habit de maitresse d'école maternelle en compagnie de nos amis internes canadiens.

mercredi 27 juillet 2011

Let the sunshine in

Non je vous le promets, je n'écrirai pas de poème à l'eau de rose pour le départ des gadzarts... C'est du déjà vu, je vais plutôt parler de notre dernière semaine à la ferme.
Depuis notre retour, les projets ont plutôt bien avancé à la ferme enchantée.
Après avoir profité du beau temps pour quasiment achever la rénovation de l'école, avancer dans le business du fromage, construire un système de récupération d'eau de pluie, confectionner un salon de beauté ou encore passer une soirée très sympathique dans un hôtel luxueux de la banlieue de Manille, cette semaine a débuté sous d'autres auspices.. Le soleil a laissé place au typhon qui rythme notre quotidien depuis lundi. Pour être plus précis, il pleut depuis 50 heures aux Philippines et cela ne semble pas trop vouloir s'arrêter.

Cependant, toute la Philipteam n'est pas venue jusqu'ici pour se tourner les pouces ou jouer à la coinche ( ah bon? ).  Alors sous les cordes qui tombent, certains tentent tant bien que mal de déplacer des tonnes de bambous, faire du nivellement de terrain, mettre les mains et les pieds dans la boue..
Ces activités sympathiques ont valu un petit craquage nerveux et quelques sourires jaunes , comme si la patience s'était liquéfiée à mesure que l'eau s'écoulait sur nos joues...
En fait aux Philippines, on n'a pas trop le choix: soit c'est la sueur qui nous accable pendant l'effort, soit c'est la pluie qui vient le rendre plus délicat encore.

Pour être franc, on a connu de meilleurs moments mais ce n'est qu'un sombre passage dans un océan de bonheur. Il suffit juste de prendre son mal en patience, rallonger ses pauses cartes, bouquiner et penser aux derniers instants en compagnie de nos ingénieurs disparus ( pour Alice-Marie-Julie... entre autres)... ou à nos dernières soirées passées à contempler les étoiles filantes en bonne compagnie ( Antonin si tu m'entends).

Ne vous en faites donc pas, le mauvais temps ne nous tuera pas, il ne fera que nous rendre plus fort et plus imperméable.

A l'avenir, nous tacherons de vous divertir avec davantage de nouvelles mais il est vrai que les dernières jours/nuits ( Antonin si tu m'entends) furent plutôt bien remplis.
En tout cas, on pense bien à vous, on vous souhaite une très bonne fin de journée ( de journai pour être plus juste - cf Thibaut, Soufiane et Ben) en vous adressant les plus tendres bisous et pensées détrempés.

lundi 25 juillet 2011

La fin de Jesus et de ses 12 apôtres

A nos amis Gadzarts      (Arthur, Souf, Alex, Anais, Thibaut qui nous ont quitté hier )

Quel est donc ce lien entre nous,
cette chose indéfinissable...
Comprendre les destins qui se nouent
pour nous rendre inséparables...
---------------------------------------------------------La première fois que l'on s'est vu,
c'était à Paris autour d'un verre,
des rires, des visages inconnus,
on s'est dit alors que ca allait le faire,

Déjà deux semaines sont passées,
on ne peut pas oublier,
les chansons de soufiane et d'Arthur,
Anais, Alex, Thibaut... sans vous ce sera dur

De 13 on est passé à 8,
et on aimerait bien une grosse ... entreinte
qui dure et dure sans fin,
qu'on s'en souvienne un lendemain de c...()

Désormais c'est une autre histoire,
c'est certes sans vous les gadzarts,
mais il ne sera jamais trop tard
pour aller noyer son cafard

Faites nous confiance pour continuer,
tout ce que nous avons projeté,
Donner de l'eau, battre les pavés,
on n'en reparlera à l'inté

J'aurais aimer faire cette déclaration,
mais à l'oral, j'ai l'air d'un con...
c'est pourquoi j'ai décidé d'écrire,
tout ce que sur le coeur nous voulions vous dire.

------------------------------------------------------------------------
"Quel est donc ce qui nous sépare,
qui par hasard nous réunit,
Combien d'allées de départ,
dans cette ronde infinie,

on avance au fil du temps,
au grès du vent,    
même si on vit au jour le jour,
nos envie nos amours,
on s'en va sans savoir,
qu'on est toujours ..... dans la même histoire "

mardi 19 juillet 2011

De l'incroyable à l'improbable

On vous avait laissé vendredi, nous étions à la ferme prêt à s'échapper quelques temps vers des contrées lointaines... nous voilà revenus à notre point de départ, mais avec de biens belles histoires.

Vendredi soir, nous avons donc pris un bus direction Banaue ses paysages enchanteurs et ses rizières particulières. Nous sommes arrivés le samedi matin aprés une magnifique nuit dans le bus. après avoir trouvé un hotel dans le petit village aux allures de stations de montagne mais sans la neige et la chaleur philippines en plus, nous sommes partis pour notre première escapade... Avec une guide nommée Lolita (oui, les philippins sont très proches des noms francais), nous avons marché 3h dans la jungle autour de Banaue, à travers les rivières en terrasse, les cascades naturelles. Les quelques uns qui voulaient s'aventurer hors des sentiers battus se sont retrouvés soit les pieds dans la rizière soit dans des champs plutôt épineux (cf Valentin, Arthur, Ben...) Néanmoins, aucune égratinure n'était à deplorer.
Cette splendide balade à travers ce panorama déroutant et vierge de toutes traces humaines s'est poursuivie par un déjeuner à notre hotel puis d'une sieste pour la plupart d'entre nous.
D'autres ( Arthur, Soufiane, Thibaut, Romain, Charlie, Antonin,Ben & Valentin) ont opté pour une petite baignade dans une rivière de montagne digne de celles que l'on connait en Corse à une différence près... les routes pour y accéder étaient un peu ... inexistante alors autant bien s'accrocher.

La soirée débuta par un petit bar où les artistes de notre groupe ont pu en profiter pour faire un petit concert entre deux gorgées de bières ( salvatrice pour bon nombre d'entre nous cf Alex)
Cette longue journée s'acheva par un petit resto Philippin et ils nous restaient suffisament d'énergie et de voix pour faire la fermeture de l'établissement avec quelques chants grivois.

Il ne fallait pas avoir de la colle au lit pour commencer la journée de Dimanche. Même si certains ont décidé de poursuivre la soirée sur le toit de l'hotel jusqu'à une heure tardive ( 23h heure locale... les gadzarts + Ben, Alice, Valentin), tout le petit monde a pris le départ pour Batad ( aucune ressemblance avec Bagdad) qui se trouvait à 20 km.... une broutille en France... une épopée aux philippines étant donné que les batisseurs philippins préfèrent ne pas terminer les routes de montagne pour la plus grande joie des visiteurs. C'est donc vissé sur leur siège ou sur le toit de la Jeepney que nous sommes parvenus au point de départ de notre balade dominicale, un superbe point de vue, perché à 2000m d'altitude.
Le périple jusqu'à une cascade magnifique nous pris 3h de marche en descente ( 1300 mètres de dénivelés à travers des sentiers somptueux). Arrivés à la cascade d'une quarantaine de mètres, qui venait sublimer un décor de rêve,  digne du monde perdu (Jurassic Park), ce fut petite baignade et pause pour tout le monde avant de faire le chemin inverse et d'attaquer notre ascension.
A mi-chemin, nous avons pris une petite collation dans une petite hutte traditionnelle. La dernière partie de notre remontée fut l'occasion aux mecs ( "Ouais... on est des gros durs et des gros sportifs) de s'expliquer comme au tour de France sur des pentes raides. Un petit sprint sur 800m de dénivelé, avalés par les plus rapides en 27min ( Val, Ben, Romain, Arthur) ...  un peu plus pour les autres grands sportifs
La redescente de la montagne fut moins tranquille et il en fallut peu pour que le Jeepney ne se retourne dans le montagne ( les gadzarts vous feront un schéma)... ceux qui étaient perchés sur le toit s'apprêtant à sauter dans la forêt. Mais encore une fois, plus de peur que de mal, le chauffeur passant cette embuche sans broncher.
Nous reprîmes le bus à 20h direction Manille où l'arrivée était prévue à 5h ( une heure normale de réveil en somme).

Après l'incroyable de ces deux premiers jours... place à l'improbable.

Plutôt que de "perdre" dans la mégalopole philippine, nous avons donc sauté dans un autre bus direction le Pinatubo. 2h, 3 bus , 4 jeepney, 3 tricycles plus tard, nous avons atteint le dernier village avant la fameux volcan. Mais il aurait été trop beau de pouvoir l'escalader et de profiter de cet endroit lunaire pour marcher sur de la lave. Devant le prix exorbitant qui nous fut annoncé, nous avons opté pour une petite balade en 4x4 dans la caldeira du volcan à travers rivières et végétations en tout genre.
Aprés 1h de routes sportives, nous sommes arrivés au bord d'un lac qui s'est formé après la dernière éruption et 3 par 3 nous avons fait des tours sur ce dernier dans des pirogues sommaires qui gentiment prenaient l'eau... de quoi tous nous rassurer d'autant plus les guides ne nous répondaient lorsqu'on demandait inquiet  "Y a t il des poissons dangereux?"
Histoire d'être complètement inconscient, certains ont trouvé bon de se baigner ... je vous laisse deviner, c'est souvent les mêmes dans ce genre de plan ( Ben, Thibaut, Romain et Val)
Après cette baignade improvisée et un retour éclair en 4x4... nous fîmes le chemin inverse pour terminer la journée à Manille.
Ce fut fin d'aprés midi shopping, chilling and mailing... Afin de continuer notre aventure culinaire, nous avons tous diné au Macdo ou dans une pizzeria histoire de faire de nouvelles découvertes.

Nous avons davantage appris de la vie philippine en se rendant dans un bar "dansant" pour savourer quelques cocktails en début de soirée. Autant dire que quelques frenchies plutôt danseurs dans un bar où la population était davantage féminine... ca fait plutôt des ravages (dixit Romain qui devait s'éclipser dès qu'il faisait un peu trop chaud).
Pour continuer notre journée complètement impro-bable/visée, nous nous sommes rendus dans un bar karaoké dans le quartier chic de Manille où nous avons rejoint nos hôtes d'un soir.
Jusqu'à 2h pour les plus motivés, ce fut chant à tue tête ... et à en casser les oreilles pour ceux qui écoutaient, mais que ce fut drôle.
Il vînt ensuite le temps de se rentrer dans nos apparts' respectifs.. pour tous? non, un groupe d'irréductibles gaulois qui résistaient encore et toujours à la fatigue décidèrent de poursuivre la soirée jusqu'à des heures plutôt matinales, guidés par un américain aguerri des endroits typiques des nuits philippines. ( je n'en dirai pas plus, ca risquerait d'être un peu choquant).
En somme, cette journée complètement épique s'acheva à 6h pour 3 d'entre nous, je vous laisse faire vos paris sur les commentaires.

Nous voilà de retour à la ferme pour une semaine qui s'annonce encore bien dense mais certainement plus calme et "normale" que les dernières heures qui se sont écoulées.
Nous aimerions vous montrer des photos de notre périple mais n'ayant pas notre propre ordinateur, il est délicat de les mettre pour l'instant mais nous oeuvrons pour trouver une solution.
Retour à la sueur et au labeur, retour à la vie sage et sympathique de notre village... tout en gardant notre inconditionnelle bonne humeur et l'ambiance bon enfant qui règne entre nous...
Si ce message ne vous a pas assommé, vous lirez le prochain compte rendu de nos aventures très prochainement.
Enfin... rien n'est jamais certain dans un pays ou c'est plutôt l'improvisation et l'imprévisible qui guettent chaque lendemain.